Largo Winch Universal Forum$
Largo Winch Universal Forum$ Index
 
Menu principal :


 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet
### Comme une chatte en chaleur ###
Auteur Message
Kazy
Windows Cleaner
Windows Cleaner
Genre: Genre:Femelle
Inscrit le: 07 Juil 2003
Messages: 5

MessagePosté le: 07 Juil 2003 05:53 pm    Sujet du message: Comme une chatte en chaleur Répondre en citant

[shadow=]Comme une chatte en chaleur…[/shadow]




Lundi

- Vous êtes sûr que c'est efficace, patron ? demanda Steve.
- Avec ça, mon petit Steve, toutes les filles de toutes les soirées vont être à tes pieds. Rassure-toi, il y en a pour tout le monde… Et comme c'est dans une boîte d'aspirine, tout le monde sera dupe !

Le patron tendit à Steve une boîte sur laquelle on pouvait lire en gros caractères ASPIRINE, et la mit dans la poche intérieure de son sbire.

Voilà ce qui s'était passé avant que l'Intel Unit ne vienne arrêter leur petit commerce. Ils n'étaient pas au courant du trafic des substances mais ils savaient pour de la contrebande d'armes, à travers une société d'import-export que le Groupe W venait de racheter. Chaque trafiquant (ils devaient être une bonne dizaine) avait été arrêté plus ou moins facilement.

- Tu vois, c'était pas la peine de faire tout un bordel, Joy ! plaisanta Simon. Surtout avec ton mal de crâne !
- Oh, c'est bon ! Je suis la garde du corps de Largo, je te rappelle ! Donc, que j'ai mal à la tête ou pas, je dois le suivre dans toutes ses lubies de milliardaire pourri gâté !

Elle assomma un gros bonhomme, et le fouilla, pour vérifier qu'il n'avait plus d'arme sur lui. C'est alors qu'elle tomba sur un paquet d'aspirine.

- Ça t'embête si je te pique ça ? lui demanda-t-elle, bien que se moquant de la réponse.
- Ben… Non, répondit Steve, ravi de voir ce que pouvait faire cette " pilule miracle ".

Elle ouvrit la boîte et se dirigea vers les flics, qui étaient arrivés depuis peu.

- Vous avez de l'eau ? demanda-t-elle à l'un d'eux
- Ouais, bougez pas.

Il fouilla dans la boîte à gants, et ressortit une bouteille d'eau. Après avoir remercié le policier, elle avala ce qu'elle prit pour une aspirine.

Une heure plus tard…

Largo, qui avait fini sa déposition, cherchait Simon et Joy du regard, pour rentrer chez lui, dans l'idée d'approfondir ses rapports avec un de ses contacts les plus fidèles : son lit. Car il était tout de même minuit, et la réunion qu’il avait eue plus tôt dans la journée avec Cardignac et Del Ferril en même temps l'avait pratiquement achevé. Il dût tirer la manche de Simon pour attirer son attention, portée sur deux charmantes femmes policiers en uniforme :

- Allez, viens, on y va, je suis crevé…
- Trop pour aller faire une petite virée en boîte ?
- Oh oui ! J'ai un conseil d'administration à 8 heures, demain. Tu ne sais pas où est Joy ?

Mais l'attention du Suisse s'était portée sur un tout autre spectacle.

- Simon ? demanda Largo, légèrement énervé.
- Largo, pince-moi je rêve !
- Quoi ?

Il tourna le regard dans la même direction que son meilleur ami, accessoirement chef de la sécurité, et il vit Joy, en train de draguer clairement un jeune policier d'à peine 20 ans…

- Euh… T'es sûr que c'est Joy ? demanda le milliardaire
- Ben… Même tête, mêmes fringues, même regard –quoique avec un peu plus de désir dans les yeux– , même démarche, même coupe… Ouais mon pote, à part le fait qu'elle est complètement décoincée et qu'elle a l'air en meilleur état que tout à l'heure, c'est elle…
- Wouahou…
- J'aurais jamais cru que Joy soit capable de ça…
- Oh que si, Simon, elle en est capable… murmura Largo pour lui-même.
- Qu'est-ce que tu dis ?
- Hein ?
- Euh… Oui ! A mon avis, si, elle en est capable. D'ailleurs t'en as la preuve. Allez, viens, on va aller aider ce gars…
- Le pauvre a l'air terrorisé… On dirait qu'il a peur de se faire violer par elle…
- Qu'il essaie, tiens…

Aucun d'eux ne se rendit compte de l'imbécillité proférée par le pauvre Largo, déjà jaloux de voir que son ex-petite amie, qu'il considérait toujours comme sa dulcinée, et qui était accessoirement sa garde du corps, drague quelqu'un d'autre que lui. De toutes façons, ils étaient déjà partis pour aider le pauvre flic, qui devait être encore puceau… Mais cela est une autre histoire, que je n'ai pas envie de raconter, puisqu'elle ne vous intéresse pas, et que je ne la connais pas… Donc, ils allèrent l'aider, tirant Joy par le bras :

- Joy, gronda Largo, on doit y aller…

Aussitôt, la jeune femme ne prêta plus aucune attention au pauvre policier, qui partit en courant, espérant ne plus jamais revoir cette folle qui l'avait allumé…

- Voui… Fallait le dire tout de suite… Je vous attendais, moi !
- On voyait ça à la façon que tu avais de le déshabiller du regard…
- Non ! Même pas ! Et puis ça te va bien de dire ça, Simon ! T'en fais autant avec les filles !
- Oui, mais moi je ne prends pas cet air outré ! Je l'assume ! expliqua-t-il en se dirigeant vers la voiture.
- Et mon poing dans la figure, tu vas l'assumer ? s'énerva-t-elle.
- Eh ! Joy, si tu le tues, qui va préparer les sandwiches à chaque préparation de plan ?
- T'as de la chance de servir à ça, parce que sinon, je te jure que tu te serais mangé mon poing, Doudou… menaça-t-elle en s'installant à l'intérieur du véhicule.

Largo démarra, et s'engagea en dehors de l'entrepôt.

- Doudou ? interrogea Simon, interloqué. Arrête, ça me rappelle trois ex ! Complètement tarées ! Elle m'appelaient toujours " Doudou " ! J'te jure, au début, c'est marrant, c'est mignon, mais à la fin, ça saoule… J'les ai plantées… J'ai jamais plus eu de leurs nouvelles, et pour tout te dire, tant mieux… !

Mais déjà Joy n'écoutait plus, elle avait posé son regard sur le torse de Largo, qui avait du mal à se concentrer sur la route, gêné du regard intéressé que portait sur lui sa garde du corps.

- Joy… demanda-t-il, tu es sûre que ça va ?
- Voui… Dès que tu es là, Largo, tout va bien !

Simon et Largo échangèrent un regard, l'un hilare, et l'autre complètement troublé par le changement soudain d'attitude de leur amie… Mais il préféra s'abstenir de tout commentaire, et se força à focaliser toute sa concentration et son attention sur la route, tandis que Joy essayait de se reprendre, se rendant soudainement compte qu'elle était en train d'allumer son ex, qui plus est son patron, dont elle savait que ses sentiments pour lui étaient toujours présents et vice-versa… Sans comprendre ce qui lui arrivait, mais espérant que ce genre de chose ne recommencerait pas, le souvenir du projet Arctique encore trop présent dans sa tête à son goût, elle aussi s'obligea à observer la route avec le plus d'attention possible, comme si elle y cherchait la fameuse aiguille cachée dans la fameuse botte de foin… Quant à Simon, il ne comprenait pas trop ce qui prenait à Joy, mais il était ravi de voir la gêne de son pote : jamais il ne l'avait vu comme ça ! Comme s'il avait 15 ans !

Mardi

Le lendemain, Joy reprit une aspirine, son mal de tête revenant à la charge. Puis elle se rendit au Bunker, pour commencer son travail… Mais dès qu'elle rentra dans la salle secrète du troisième sous-sol, et qu'elle vit Kerensky penché sur l'écran de son ordinateur, elle ne put s'empêcher de remarquer qu'il était très séduisant, ses cheveux courts, le regard perdu dans le système qu'il devait tenter de pirater, et profondément absorbé dans sa tâche… Puis elle se rendit compte qu'elle était en train de parler de Georgi Kerensky, accessoirement ex-agent du KGB. Même si une certaine complicité les unissait - bien qu'elle ne l'aurait avouer pour rien au monde -, c'était un ennemi devenu ami. Mais là encore, jamais elle ne l'aurait avoué de son plein gré. Kerensky était certes devenu un ami, mais c'était avant tout un collègue. C'est-à-dire aussi : JAMAIS un amant. Elle secoua la tête, et remarqua que le regard du Russe avait quitté l'écran, pour se poser sur Joy.

- Quoi ? demanda-t-elle sur la défensive
- Joy… commença le Russe en réprimant sa surprise. Je sais que je mets la clim. dans le Bunker, mais bon… Si tu sors aujourd'hui, tu risques d'avoir froid…
- Pourquoi ? demanda la jeune femme, son ton visiblement radouci.
- Euh… Tu as vu comment tu es habillée ?

Elle baissa les yeux et se rendit compte de sa tenue : jupe noire, montant juste au-dessus des genoux, des talons aiguilles, et sa veste en jean rouge par-dessus un débardeur noir. Ils étaient au mois de février. Elle était d'ailleurs étonnée de porter des vêtements comme ça. Elle ne les avait gardés chez elle que parce qu'elle n'avait pas envie de les jeter, puisqu'ils lui avaient pas mal servi lors de missions pour la CIA.

- Et alors ?
- Et alors il fait -10° dehors, Joy…
- Ah bon ? s'étonna-t-elle.

Pour sa part, elle avait très chaud… Pour ne pas montrer la gêne monumentale qu'elle éprouvait à cet instant, elle s'installa sur sa chaise, et commença les recherches de la journée, en essayant de se concentrer sur son écran, puisque son regard déviait inéluctablement vers le génie de l'informatique.

A dix heures, Simon se décida à commencer le travail, c'est-à-dire entrer au Bunker. Mais lorsqu'il pénétra dans " l'antre de Kerensky " comme il aimait l'appeler il fut agréablement surpris de voir la tenue que Joy portait. Jamais il ne l'avait vue comme ça : depuis le début de l'hiver, elle portait des pulls à col roulé super gros et amples, et des chaussures fermées !

- Quoi ? s'énerva l'intéressée

Il ne s'était pas rendu compte qu'il la fixait depuis plusieurs secondes déjà, sans avoir prononcé un seul mot.

- Tu es magnifique, Joy… Vraiment sublime. Tu devrais porter ce genre de fringues plus souvent…

Elle ne répondit rien, et reporta son attention sur son écran, laissant le Suisse se calmer de lui-même. Mais au bout d'une heure, lasse de devoir supporter son ami qui la déshabillait du regard, elle se leva, attrapa le premier dossier qu'elle vit, et sortit en lançant :

- J'vais apporter ça à Largo.

Une fois sortie, Simon se tourna vers Kerensky :

- Qu'est-ce qui lui prend ?
- Je ne fais pas dans la psychologie féminine, moi !
- T'aurais été là hier, t'aurais vu comment elle l'allumait ce flic !! Je n'aurais jamais cru ça d'elle !! On dirait une chatte en chaleur !!
- Une chatte en chaleur… murmura Kerensky pour lui-même, sans que Simon ne puisse l'entendre

Joy frappa deux fois à la porte, mais n'obtint pas de réponse. Elle entra quand même, en claquant la porte. Largo, surpris releva la tête, puis un sourire éclaira son visage :

- Tu viens jouer au docteur ?

La garde du corps eut un sourire niais, mais, pour avoir confirmation de ce que lui proposait Largo, elle lui demanda :

- Quoi ?
- Je disais : " C'est toi ? Tu m'as fait peur ! "

Joy secoua la tête, effaçant par la même occasion son sourire… Elle était fatiguée, là. Mais alors très fatiguée…

- Euh… Oui… Désolée… Euh… Donc… Oui, tiens, Sullivan m'a demandé de t'apporter ce dossier. Donc… Voilà… J'ai du travail… Kerensky m'attend ! A plus…

Elle s’approcha de la porte à reculons, essayant vainement de cacher son trouble. Au moment où elle passait la porte, Largo l’appela :

- Oui ? répondit précipitamment Joy, voulant sortir de là au plus vite.
- Tu as un corps de rêve…
- Hein ?
- Vous avez fait une trêve ?
- Euh… Ben… Je… Oui, depuis longtemps. J'y vais, tu m'appelles si tu a envie de moi ! Besoin ! Besoin de moi ! Oui, si tu as besoin de moi… Tu m'appelles ! Je serais… En chaleur… Au Bunker ! se reprit-elle maladroitement.

Elle ferma la porte, laissant un Largo complètement largué, et se massa les tempes en soufflant, comme pour se réveiller. Oh les gaffes ! Jamais elle n'avait été comme ça ! Son mal de crâne revenait à la charge, et sa boîte d'aspirine était dans le Bunker. Donc pour avoir l'aspirine, il fallait aller au Bunker. Et si elle allait au Bunker, elle allait croiser Simon et Kerensky. Et si elle croisait Simon et Kerensky, elle allait devoir subir leurs regards… Enfin, surtout ceux de Simon. Mais, n'ayant pas le choix, elle y alla quand même.

Et pendant toute la semaine, Joy était " comme une chatte en chaleur " , puisque son mal de crâne persistait, et qu'elle finissait la boîte. Et pendant toute la semaine, elle dragua ouvertement Largo, et même certains agents de la sécurité. Mais elle se reprenait avant de commettre l'impardonnable : coucher avec l'un deux. Car là, son sacro-saint professionnalisme en prendrait un sacré coup. Elle avait fait toute une mise en scène pour essayer d'échapper à Largo, et cette espèce de… problème félin qui faisait qu'elle avait une envie irrépressible de faire l'amour avec le premier mâle plutôt bien foutu, Largo faisant bien évidemment partie d'eux, allait tout gâcher ! Elle évitait soigneusement de rester seule avec Largo, afin de ne pas sauter sur lui. Et elle avait réussi tout au long de la semaine, malgré quelques lapsus, qu'elle avait tenté de dissimuler ou de reprendre…

Samedi

- Joy, j'aurais besoin de ton aide, ce soir, tu peux venir ? proposa le milliardaire.

" ce soir ". Ça voudrait dire qu'ils seraient seuls. Tous les deux. Donc c'était risqué. Très risqué pour son professionnalisme. Donc la réponse devait être claire et définitive : " non ".

- Si tu veux.

Mais qu'est-ce qu'elle avait foutu ? Pourquoi avait-elle dit " si tu veux " ce qui, si elle n'avait pas perdu ses facultés mentales en même temps qu'elle avait gagné ses envies de sexe, revenait à dire oui. Mais c'était de sa faute, à lui aussi ! Pourquoi est-ce qu'il la regardait comme ça ?! Comment est-ce qu'il voulait qu'elle résiste à un regard aussi craquant que celui-là ?! Hein ?! D'ailleurs, elle n'avait plus trop envie de résister pour le moment… Elle s'apprêtait à se jeter sur lui, mais Simon entra à l'improviste, cassant comme à son habitude l'ambiance…

- Ah désolé je gêne ! Je vais boire un café !
- Non ! cria presque Joy en se levant du canapé où Largo et elle étaient assis à discuter. Faut que j'aille voir Georgi… Kerensky ! J'y vais, Simon, prends ton temps, Largo, sors en boîte avec lui… Occupez-vous !

Et elle partit le plus vite qu'elle put du Penthouse, de peur de ne plus se contrôler…

- Eh bée ! Je sais pas ce qu'elle a, cette semaine, mais elle fait du gringue à beaucoup de monde, je trouve…
- Ouais…
- Je me trompe ou ça n'a pas l'air de te déplaire ?
- Ça ne me déplaît pas du tout… Moi je trouve ça plutôt marrant. A certaines phrases, elle me demande de répéter, et quand je répète, elle ouvre de grands yeux et cherche à fuir le plus vite qu'elle peut. Je me demande quand même ce qui se passe…

La porte du Bunker claqua. Georgi leva les yeux, et observa Joy. Elle se planta en face de lui et lui tendit une seringue vide. Visiblement elle était allée la chercher à l'infirmerie du Groupe. Kerensky la dévisagea.

- Quoi ? demanda-t-il
- Fais-moi une prise de sang, s'il te plaît.
- Pourquoi ?
- Oh ne joue pas à ça avec moi Georgi… Kerensky ! Je ne suis pas comme d'habitude, je… Je ne sais pas ce que j'ai, mais je ne suis pas normale en ce moment ! Alors s'il te plaît, fais-moi une prise de sang et des analyses le plus vite possible !

Kerensky vit bien qu'elle n'en pouvait plus. Elle ne devait plus réussir à se contrôler. Dommage, elle lui plaisait bien, cette nouvelle Joy… Mais elle ne semblait pas penser la même chose que lui.

- D'accord. Je les envoie directement dans un bureau d'analyses, je m'arrangerai pour que tu aies ta réponses d'ici la fin de la journée…
- Merci Kerensky.

Et la fin de la journée arriva. La garde du corps fit tout ce qu'elle put pour éviter Largo, Simon et tout ce qui portait un uniforme, même les réparateurs de photocopieuses, puisque le mercredi, elle avait failli rouler une pelle à l'un d'entre eux, dans la salle où il y avait justement les photocopieuses… M'enfin bon, elle réussit donc à tenir toute la journée, et ce fut avec un soulagement tel qu'elle n'en avait pas connu depuis pas mal de temps qu'elle entra au Bunker, où, heureusement pour elle, il n'y avait que l'ex-agent du KGB, Simon les ayant déjà lâchés pour une belle blonde etc. , vous connaissez l'histoire, je vous passe les détails… et Largo dans son bureau, à terminer d'écrire un discours :

- Alors ?
- Alors j'ai les réponses, répondit Kerensky. Joy, tu as consommé de la drogue, dernièrement ?

Joy le scruta, le prenant pour un illuminé.

- Tu m'estimes si peu que ça ?
- Ou des médicaments, peut-être ?
- Oui. Des médocs, ok, mais de la drogue ?! J'ai eu la migraine toute la semaine. C'est enfin terminé. J'ai pris de l'aspirine.
- Toute la semaine ?
- Ben… Ouais.
- Quand as-tu commencé à en consommer ?
- On dirait que tu parles de cachtons, là…
- Joy, tu veux comprendre, ou pas ?
- J'en ai pris pour la première fois… Dans l'entrepôt où on a arrêté les trafiquants. Je l'ai pris à un gros qu'était à moitié dans les vapes.
- Et c'est après que tu as commencé à te sentir… en chaleur ?

Joy lui retourna une baffe retentissante.

- Ok… accorda Kerensky, sur ce coup là, j'ai pas été très subtil…
- Tu m'étonnes…
- Bon, alors je la refais : tu t'es sentie… bizarre ? Etrange ? Différente ?

Joy fronça les sourcils, et Kerensky souffla : il n'aurait pas le droit à une deuxième gifle…

- Tu crois que… ? commença Joy.
- Il te reste des cachets ?
- Oui, tiens.

Elle sortit la boîte de son sac, et la tendit à Kerensky, qui s'empressa de faire des recherches dessus.

- C'est bien ce que je pensais… soupira-t-il
- Quoi ?
- Ce produit contient de la testostérone en très forte quantité. Il y en a très peu chez les femmes –en tout cas, bien moins que chez les hommes. Et lorsqu'elles en ont une forte dose, forcément, ça se voit… Du coup, tu devais être plus attirée que d'habitude par les hommes qui te plaisent… Et tu devais avoir envie d'aller plus loin… Comme avec Largo…
- Oh merde ! Tu veux dire que c'est cette aspirine qui…
- Ce n'est pas de l'aspirine. C'est de la drogue que des proxénètes pourraient utiliser à de mauvaises fins…
- Tu t'en charges ?
- Pas de problème !

Le téléphone sonna, et Kerensky répondit. Après avoir raccroché, il regarda Joy et lui dit :

- Largo t'attends depuis ¼ d'heure.
- Attends, tu ne penses tout de même pas qu'après ce que tu viens de me dire, je vais aller chez lui, en pleine nuit, alors qu'on ne sera que tous les deux ?
- Il va se poser des questions, sinon…
- Ok, j'y vais, soupira-t-elle, mais si dans vingt minutes je ne suis pas descendue, tu viens voir ce qui ce passe et m'assommer si je fais quelque chose que je vais sûrement regretter par la suite.
- J'ai d'autres trucs à faire que de t'empêcher de faire ce dont Largo et toi avez besoin…
- Georgi !
- Ok, c'est bon, je le ferai…
- Merci.

Elle sortit, et appuya sur le bouton, pour appeler l'ascenseur. Mais trente secondes plus tard, elle revint dans le Bunker, et gifla une nouvelle fois Kerensky.

- Ça, c'est pour avoir cru que je ne t'en donnerai pas une deuxième.

Puis elle sortit pour de bon, laissant Kerensky se dire que la prochaine fois, elle se débrouillerait toute seule…

Non mais quelle idiote ! se répétait-elle en avançant malgré elle vers le Penthouse. Il fallait qu'elle s'arrête, et qu'elle parte en courant le plus vite possible, mais son corps ne lui obéissait pas. Sa dernière prise de ce cachet de malheur remontait à une heure. Donc il agissait toujours… Elle était devant la porte, et s'apprêtait à frapper. Mais elle se ravisa et tenta de partir. Sa manœuvre aurait pu réussir, si Largo n'avait pas ouvert sa porte à ce moment précis.

- Ah ! Enfin, je commençais à m'inquiéter ! s'exclama-t-il

En le voyant, Joy n'eut plus aucune envie de fuir. Sa seule envie pour le moment tenait en cinq lettres : LARGO.

- Désolée… Je m'étais perdue !

Le jeune homme la dévisagea. Il n'avait pas dû sortir de la douche depuis très longtemps, puisque ses cheveux étaient encore mouillés.

- Laisse tomber… Tu comptes planter une tente ici ou me faire rentrer chez toi ?

Il sembla se rendre compte qu'il l'empêchait d'entrer, aussi il s'effaça, et elle alla s'asseoir sur son coin du bureau, comme si de rien n'était.

- Alors, pourquoi voulais-tu me voir ?
- Je voudrais que tu me relises mon discours.
- Oh. Où est-il ?
- Tu es assise dessus.

Joy se leva du bureau, confuse, et attrapa la feuille. Elle commença à la lire, mais sentit le regard de Largo sur elle, toujours plus insistant. Et regard super insistant d'un beau gosse super riche sur femme shootée à la testostérone = désintéressement du discours que femme shootée à la testostérone -écrit par beau gosse super riche- tient dans les mains. Elle soupira, et regarda Largo.

- Quoi ? Tu n'aimes pas ?
- Je m'en fous, Largo.
- Quoi ? T'aimes pas ? Qu'est-ce qui ne va pas ?
- Je n'en ai strictement rien à foutre de ton discours ! De toutes façons, personne ne l'écoutera ! Alors ne te prends pas la tête pour ça…

Elle balança la feuille par-dessus son épaule, et commença à s'avancer dangereusement vers Largo, qui lui, reculait sans trop comprendre ce qui lui arrivait. Tout échappait au contrôle de Joy qui tentait de se reprendre. Mais là… Le voir avec ses cheveux encore humides, et sa chemise entrouverte, elle n'avait pas pu résister

- Euh… Je ne sais pas ce qui te prend, Joy, mais je crois que tu vas le regretter… Et puis, ça me rappelle vaguement quelque chose que tu as regretté aussi…
- Qui t'a dit que je l'avais regretté ? demanda-t-elle, un sourire aux lèvres qui en disait long sur ses pensées, et en continuant d'avancer vers Largo…
- Je pense que c'est peut-être le fait que tu m'aies dit de me taire qui m'a mis sur la voie…
- Alors fais-moi plaisir, Largo, arrête de penser…
- Ben… Quand je le fais, tu m'engueules, alors là…
- Alors là tu es coincé…

En effet, Largo était bloqué par le mur, et ne pouvait plus reculer. Joy s'approcha de lui, et l'embrassa. Le jeune homme essaya de la repousser, la tentation étant trop grande, mais n'y mettant pas toute sa volonté… N'y mettant même aucune volonté, puisqu'il ne faisait ça que pour la forme, la garde du corps continua ses assauts, et commença à déboutonner la chemise de son patron, qui essayait de la raisonner, entre deux baisers :

- Joy… Tu… Non… Arrête… Je suis… Pas sûr de… résister… Encore longtemps… Si tu continues… Comme ça…
- Qui te demande de résister ?
- Toi, répondit une voix derrière elle.

Joy tomba dans les bras de Largo, qui la retint, et la porta sur le canapé, bien qu'il eut préféré que ce soit pour autre chose, finalement… Puis il se tourna vers Kerensky. Car c'était bien Kerensky qui avait assommé Joy.

- Wouah ! s'exclama-t-il. Merci Georgi, tu m'as sauvé la vie, là j'crois…
- Moi aussi…
- J'aurais pas résisté encore longtemps, à ce rythme là…
- Ah parce que tu résistais ?
- Au fait, qu'est-ce que tu fais là ? éluda-t-il. Et pourquoi est-ce qu'elle est comme ça ?
- Tu l'avais deviné, Joy n'est pas dans son état normal. C'est l'aspirine qu'elle a pris à l'un des trafiquants, lundi, qui est en fait à base de testostérone. Je suis fatigué, et j'ai encore du travail, donc j'ai pas le temps de t'expliquer. Tu sais te servir, d'Internet, tu le feras ! 'Fin bref, c'est pour ça qu'elle t'a allumé pendant toute la semaine. Elle était droguée…
- Et merde… Pourquoi à chaque fois qu'elle fait le premier pas il faut qu'elle soit droguée ?
- Hein ? demanda Kerensky, qui n'était pas au courant pour l'Arctique.
- Nan, laisse tomber… Bon, ben je vais la coucher dans mon lit, elle y sera mieux. Toute seule, rassure-toi ! Tu crois que demain elle sera normale ?
- Sans aucun doute, oui.
- Oh…
- Quoi, " Oh " ?
- Ben… J'aimais bien l'idée qu'elle me drague. Et puis tous ces lapsus ! A mourir de rire ! Rien que pour voir sa confusion, j'adorerais recommencer !
- Ouais… j'suis pas sûr qu'elle, elle soit vraiment d'accord… Bon, ben… Moi je vais me coucher. Si t'as besoin de mon aide pour calmer la furie, t'as mon numéro.
- Ouais. Au fait, Georgi, comment tu savais que… ?
- Joy se doutait qu'elle allait te sauter dessus. Elle a tenu toute la semaine, et elle était quasiment sûre de ne plus résister… Allez, à demain, chef capitaliste !
- Ouais. Bonne nuit !

Alors il avait droit à la passion, et au désir de la part de Joy ? " Quelle chance ! " pensa-t-il, heureux d'avoir enfin pu embrasser Joy, avec sa permission. Car oui ! Ok, elle était droguée, mais elle était consentante. Finalement, quoi qu'il arrive, il était heureux.

Le lendemain, Joy se réveilla dans le lit de Largo, un mal de crâne atroce. Mais alors là, celui qui lui parlait d'aspirine, elle le tuait ! Puis, se rendant compte qu'elle était dans le lit de son patron, qui l'attirait vraiment beaucoup, et qu'elle avait presque violé la veille, elle fut prise d'un gros doute : Qu'est-ce qu'elle foutait dans le lit de Largo ? Etait-il possible qu'ils… ? Donc qu'elle… ? Mais alors Georgi n'aurait pas tenu sa promesse ? Elle souleva les draps, et put constater avec soulagement qu'elle était habillée. Donc elle n'avait pas couché avec Largo, ce qui en soit était plutôt un exploit quand on connaissait la réputation du tombeur de ces dames… Elle se leva, et vit Largo assit à son bureau en train de réécrire ce fichu discours… Visiblement, certains passages étaient à reprendre. De toutes façons, elle n'en avait cure, puisqu'elle lui avait clairement fait comprendre la veille qu'elle préférait flirter, ou plutôt se jeter sur Largo plutôt que de lire un discours. Quoi que ce n'est pas spécialement difficile de la comprendre, quand on voit la gueule du perso…

Bon… Il n'avait toujours pas remarqué sa présence. Elle allait encore devoir lui faire le coup du " j'étais droguée, Largo, alors on oublie tout, et tu n'as pas intérêt à le répéter à qui que ce soit sinon tu le regretteras amèrement… ". Elle se dirigea vers le siège de Largo avec assurance, le retourna vers elle, et sans lui laisser le temps de dire : " Salut Joy, ça gaze ? Bien dormi ? ", elle enchaîna tout de suite :

- J’étais droguée, on est bien d’accord, il ne s’est rien passé et on va tout oublier, et tu n’as pas intérêt à parler de tout ça à qui que ce soit ! Ai-je été claire ?

Largo voulut protester avec véhémence et indignation, mais le regard de la jeune femme était suffisamment clair pour le moment :

- Oui.
- Bien.

Elle tourna les talons, et commença à partir, mais avant de partir, le milliardaire la retint :

- T'embrasses toujours comme une déesse, tu sais ?!
- Quoi ?
- J'ai dit : " T'embrasses toujours comme une déesse, tu sais ?! "

Elle lui lança un regard noir, mais finalement, lui sourit. Puis elle sortit. C'était toujours ça de gagné après tout ! Et à peine la porte fermée, on put entendre Largo murmurer :

- Et c'est pour ça que je ne l'oublierai pas Joy…


FIN
_________________
Largojoyiste sadique ? Môa ? Viiiiiiiii !!!!
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un email MSN Messenger
fio
Moderator
Moderator
Genre: Genre:Femelle
Inscrit le: 24 Mar 2003
Messages: 3101
Localisation: Partout / Everywhere
MessagePosté le: 07 Juil 2003 08:30 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Merci Kazy,

J'ai bien rigolé. Ta fic est aussi captivante que son titre... quelqu'un aurais dû occuper Kerensky un peu plus longtemps...lol


Pour ceux qui ont lu cette fic, n'hésitez pas a poster vos commentaires en pesant sur Reply
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Visiter le site web du posteur
Shola
Invité




MessagePosté le: 18 Juil 2003 12:38 am    Sujet du message: Bravo!!!!! Répondre en citant

salut Kazy
franchement ton fan-fiction était super jme suis bien marrer j'espère que tu en écrira d'autre bref moi qui suis fan de largo Winch c super cool


byexx shola
Revenir en haut
Invité




MessagePosté le: 21 Mar 2004 07:36 pm    Sujet du message: Ouarf ouarf ouarf ! Répondre en citant

Finallement, j'adore le mardi ! On a frolé la catastrophe lol ! Très bien, j'en redemande !

icon_twisted.gif
Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Forum Index > Fan- Fictions (Francais)
 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet Page 1 sur 1


Sauter vers:  



From the Largo Winch TV series, adaptated from the comics by J. Van Hamme and P. Francq © Dupuis Films/M6/TVA/AT, 2002
Forum Powered by phpBB © 2006 phpBB Group (Basic design & pictures by: Fly Center & Némésis)
Adaptation by Baron_FEL for LW UniversaL Forum$ from Shadowed version by Shadow AOK
Modifications and content are copyright © 2000-2010 LargoWinch.net